Astérix
C’est du bon ou pas ?
Penchons-nous quelques instants sur la critique – bonne ou mauvaise – du dernier Astérix, Astérix et la Transitalique, sorti en 2017, sous le crayon de Ferri et Conrad qui ont eu la dure tâche de créer le 37e album de la série. Parmi de nombreux tandems de bandes dessinées, on aurait pu s’attendre à la pire des catastrophes. Il est impossible de surpasser le talent de Goscinny et d’Uderzo, nous doutions alors du choix opéré par Anne Goscinny, mais les 5 millions d’albums vendus et les critiques élogieuses dans la presse ont fait taire les plus redoutables sceptiques. Dans une histoire où l’on retrouve notre Astérix faire face à d’innombrables épreuves au cours d’un rallye se déroulant en Italie, on découvre avec surprise un récit étonnant, plein de gags et d’humour comme on les aime, ainsi qu’un dessin à la hauteur des plus belles planches de la bande dessinée. On y retrouve de nombreux atouts qui montrent la confiance du tandem dans cette aventure délicate : qualité des cadrages rappelant le dynamisme des comic-books, ou encore des décors splendides de l’Italie romaine, avec son architecture si typique. Les bulles font preuve de tonus, avec une écriture fine, emmenée par un humour bon enfant et qui laisse entrevoir une certaine nostalgie des albums passés. Les Gaulois répondent au défi lancé par César de gagner la grande course de chars ouverte à tous les peuples de l’Empire romain. Le rallye devient délirant, et le tandem pilote-copilote est l’occasion de rire de multiples clichés bien connus de tous. Mais c’est surtout dans la façon de traiter les personnages et les identités des diverses régions que traversent les pilotes que Ferri réussit une excellente performance. Ferri avoue lui-même s’être inspiré de l’actualité : « Mais il suffit de voir ce qui se passe en Italie, avec la Ligue du Nord, ou en Belgique, pour trouver l’inspiration ! »