Interview Emmanuel Beaudry, scénariste BD

25 août 2019 0 Par admin2841

4 questions à Emmanuel Beaudry, scénariste

  1. Que vous a-t-il plu dans le personnage principale de cette bd ?

Tout d’abord l’idée de pouvoir donner vie à un personnage héroïque dans la lignée d’un James Bond ou d’un Jason Bourne. C’est toujours assez sympathique de pouvoir lui faire affronter des dangers impressionnants et de lui faire subir des scènes d’action spectaculaires. Mais j’avoue que cet aspect seul ne m’aurait pas entièrement convaincu. C’est aussi le passé obscure du personnage qui m’a donné envie de participer à l’aventure. Et également le traumatisme de son vécu lors du 11 septembre. J’aime lorsque les héros ne sont ni tout noir ni tout blanc, qu’ils possèdent des failles, qu’une part d’ombre se dessine derrière eux. Cela permet aussi de faire évoluer le personnage dans des directions différentes.

  1. Quel sera l’objectif de la série ? Aura-t-elle une suite ?

Nous espérons pouvoir lancé une série d’albums composée d’histoires complètes en dyptique (soit 2 albums). Bien sûr chaque histoire portera sur une menace terroriste que devra déjouer Krys Farell. Mais en plus de cela, il y a un « fil rouge » narratif lié au passé de Krys qui se dessine et se précisera d’album en album. J’y ai injecté également des personnages secondaires qui deviendrons récurents et son succeptibles d’apparaitre dans divers albums. Là encore en les faisant évoluer ou en leur donnant de l’importance. « Menace biologique » est donc le premier album de la série mais aussi celui du premier dyptique. Le second tome, nommé « L’affaire Nara Wong » devrait sortir pour la fin de l’année. C’est la suite directe du premier tome et comme son nom l’indique on se focalisera un peu plus sur la mystérieuse Nara Wong. Nous clôturerons l’affaire du virus mortel mais nous ouvrirons de nouvelles pistes pour la suite.

  1. Pouvez-vous nous parler du fond politique de cette bd ?

Même si ce n’est pas le fondement principal de la série, il y a bien évidemment une base politique et historique importante. Il faut préciser que Jean-Marc, le dessinateur, à eu l’idée de Krys Farell suite aux attentats du 11 septembre. A l’heure actuelle, avec les nouvelles technologies notamment, les menaces terroristes prennent de multiples visages. Nous avons opté pour un virus dans le premier tome car il s’agit d’une menace classique, qui parle à tous. Mais nous envisageons de montrer d’autres types de terrorisme par la suite. Je fais également très attention aux sources et à la véracité des faits dans les albums. Cela reste de la fiction mais lorsque je dois donner des explications, je me base toujours sur des faits historiques ou scientifiques qui donnent plus de réalisme à l’histoire. C’est aussi cela, pour moi, donner un fond politique à un récit : toujours injecté du vrai dans de la fiction.

  1. Selon vous la bd numérique a-t-elle de l’avenir ?

Je le pense. Mais peut-être pas de la façon dont elle est faite aujourd’hui. Je pense que les lecteurs ne se contenteront pas longtemps d’un simple PDF mis en ligne. Il faut réflechir à donner du contenu additionnel, à développer les univers ou donner de l’interactif en plus de l’album numérique. Avec l’arrivée des tablettes, ce processus va s’accélerer je pense. Les premiers à aller dans cette voie seront bien récompensé à mon avis. Je pense également que le livre papier à toujours de l’avenir. Cela reste un bel objet que l’on est fier, parfois, d’avoir dans sa bibiothèque. Il faut arrêter de confronter les deux : papier et numérique peuvent coexister si chacun donne une expérience de lecture différente.