Si vous êtes cinéphile et amateur de bande-dessinée, vous n’avez pas pu passer à côté du phénomène ​Joker ​ de Todd Phillips avec Joaquin Phoenix. Devenu l’adaptation de comics la plus rentable de tous les temps, ne pouvant se contenter d’être le film Rated R le plus lucratif, il aura certainement atteint le milliard au Box-office au moment où vous lirez ces lignes, en tout cas je l’espère. Et pourquoi pas une nomination au oscars ou même un prix! Mais surtout, dans l’atmosphère social de cette fin d’année 2019, partout à travers le monde, Joker est devenu, via ce film, un symbole dans les manifestations au Liban, au Chili ou à Hong-Kong. Peut-être n’est-ce qu’une appropriation bienvenu du symbole qu’est le personnages, de son masque comme celui dessiné par David Lloyd avant lui. Peut-être est-ce le propos du film qui résonne dans une certaine mesure aux oreilles de chacun. Dans un contexte politique particulier des Etats-Unis, on craignait que le film n’inspire les suprématistes blancs, ou les déséquilibrés qui auraient accès à une arme à feu, à une recrudescence des tueries au nom du gangster rieur. Pour certains spectateur américains, il y avait des policiers en civil avec eux lors de la projection. Mais si on laisse de côté les implications fictives ou concrètes du film, on ne peut nier l’attrait de cette oeuvre pour le grand public nie sa capacité à faire réagir, à interpeller. À une époque où on reproche au cinéma grand public, et au cinéma de super-héros en particulier, d’appliquer film après film une recette éprouvée mais aseptisée, sans prise de risque, on ne peut que se réjouir du message qu’envoie le succès de ​Joker ​ aux studio de cinéma. Même si on ne peut le qualifier de film de super-héros, au sens classique du moins, ce film s’inscrit parfaitement dans le genre superhéroïque et en deviendra certainement une oeuvre culte. C’est d’autant plus valorisant pour cette catégorie de film que ​Joker ​ est aussi un exemple à suivre pour l’ensemble du cinéma. Son audace et la patte artistique des auteurs et des acteurs sont autant de qualités qu’on doit pouvoir retrouver dans tous les films. On peut être cynique en rappelant que cette prise de risque et cette liberté créatrice ont été rendues possible par le faible budget du film, seulement coproduit par la Warner Bros. qui se prive ainsi d’une partie des énormes bénéfices de ​Joker ​ sur l’ensemble de sa durée de vie en salles au profit de Village Roadshow et Bron Studios, des studios bien plus modestes. Belle morale en somme.