Parmis les lectures récentes que j’ai retiré de ma PàL (Pile à Lire), il y a le tome 25 ​La Fin de Tout (2ème partie) ​ . Superbe conclusion de la meilleur série de super-héros publié à ce jour. Oubliez Batman, Superman le Kryptonien ou bien l’Homme-araignée, le meilleur, c’est Invincible le viltrumite. Je ne vais pas vous faire une critique de cette histoire, allez la découvrir. Non, je vais m’intéresser à ce qui en fait la meilleure série de super-héros de tous les temps, n’ayons pas peur des mots. Et pour appréhender ça, il faut revenir sur le médium qu’est le comics, l’art séquentiel ou le neuvième art en général. Assez jeune, il permet une narration inédite en associant la distanciation de la lecture à l’impact des images. Sans contrainte de temps ou de moyen comme le cinéma, sans les artifices de la littérature, l’art séquentiel est un médium complet pour raconter des histoires. Et c’est bien de ça dont il est question, raconter des histoires. Personnellement, je suis toujours fasciné par la puissance de ce que peut transmettre un auteur en seulement deux cases. Neil Gaiman dans Sandman en est un parfait exemple. Je le cite souvent quand on me demande pourquoi je lit du comics. Dans un dialogue, un imposant chat noir t’explique que son espèce vivait dans un royaume qu’ils avaient rêvé. Plus exactement, ils rêvaient le monde et celui-ci évoluait en ce sens. Leur monde n’aurait pas dû être mais ils ont changé l’univers pour qu’il le soit. Ce concept que d’une idée suivie par des actes puisse changer le monde est un des moteurs du progrès humain. Et le fait de le transmettre d’une façon si simple mais jamais simpliste est tout simplement époustouflante. Mais quel rapport avec Invincible, me direz-vous. Et bien, Robert Kirkman, à travers les 25 tomes publiés en France, nous raconte comment un gamin hors du commun, Mark Grayson, peut impacter le monde pour le faire avancer. Mais aussi tuer le père, participer à une épopée spatiale, voyager dans le temps, développer un multivers, conquérir des planètes, imposer un nouvel ordre mondial ou devenir Empereur. Bref, Mark n’a pas le temps de souffler. Et tout au long du récit, Kirkman n’en finit pas de questionner les choix du héros, de la réaction de autres personnages ou de la société qui les entoure. Et dans les pages de ce dernier tome, je retrouve cet instant gaimanien lorsque Eve et Mark arrive sur une Terre dévasté et dit: “Des gens généreux qui s’étaient fourvoyés. Ils s’étaient repliés sur l’avidité. Le peuple vénérait ceux qui avaient réussi à amasser le plus de bien matériels, aux dépens de leur écosystème, espérant y parvenir à son tour. Ils l’ont forcément vu venir… Forcément…” Y voir les mots de l’auteur sur l’état de notre monde est facile, voir simple mais pas simpliste.